Création spectacle vivant 2005-2007

D’après Amphitrite de Ghérasim Luca

Water

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Op1/Hopi s’appréhende comme un parcours, une progression, une approche, une forme libre et ouverte.

Le spectacle s’ouvre sur une suite de tableaux ayant trait à la mer, à l’élément liquide, à son aspect primordial où la vie s’origine.

Quatre jeunes femmes, peut-être quatre Amphitrite, donnent un concert aquatique. Une construction thématique s’élabore autour de l’eau, de la mer et même des jeux de plage, ce qui permet en un mouvement d’allers-retours de faire surgir aussi les jeux de l’enfance et de mêler ensemble les différents thèmes.

Le poème « Amphitrite » est un poème sur le désir et sur la mort.

Le désir contre la mort.

C’est un poème érotique, lequel érotisme s’atteint de façon troublante à travers des objets. On peut parler de fétichisme, de perversion, voire de délire d’interprétation, « du dérèglement lucide et raisonné de tous les sens » de Rimbaud. C’est à une incroyable opération de transmutation que se livre Ghérasim Luca.

On ne se situe pas dans le quotidien, mais dans un entre-deux qui tient du rêve. Une dimension somnambulique où objets et images peuvent surgir à loisir.

Un travail scénique qui se présente à la fois comme un processus et un rituel. Dès les premiers mots du poème, un rituel se met en place. On peut y déceler une dimension dionysiaque, car cela excède les rapports quotidiens et nous transporte ailleurs.

Il est doublé d’un autre rituel, celui évoqué par l’historien d’art Aby Warburg tel qu’il l’a découvert chez les indiens Hopi du Nouveau Mexique : le rituel du serpent. Ghérasim Luca était conscient de la dimension magique et primitive abordée dans son aventure poétique.

Dans le spectacle, les deux rituels entrent en résonance, se mettent en place, s’esquissent, se cherchent et se supposent, comme le texte le suggère, l’utilisation d’un certain nombre d’objets en apparence anodins…

Un réservoir d’images, de films et de collages est exploité en relation avec le matériau sonore.

Apparitions, disparitions. Le geste appréhende l’espace, l’investit, l’invente. Un travail visuel et sonore, chanté et dansé, sur et avec le corps par quatre comédiennes et danseuses. En quête d’une figure insaisissable, celle d’Amphitrite – à la fois déesse de la mer chantée par Ovide et objet du poème Amphitrite de Ghérasim Luca. Un voyage, une traversée, présentés sous forme de fragments. Désir et formes naissent et vivent sur la toile de l’inconscient. Une démarche proche du rituel qui s’inspire aussi des incursions de l’historien d’art Aby Warburg en pays Hopi.

Lepoème Amphitrite de Ghérasim Luca

Le poème Amphitrite, de Ghérasim Luca explore la force allusive des mots, des sons. Il nous a paru intéressant de développer cette matière, d’en explorer les résonances.

« Fouler au pied toute découverte qui ne nous obligerait pas à en trouver une autre », écrivaient Ghérasim Luca et Dolfi Trost( Dialectique de la dialectique).

Amphitrite a la texture d’un rêve. C’est un voyage métaphorique, une trame à partir de la quelle opère un champ d’associations, qui génère des idées, des pensées, des sensations, des impressions, de correspondances, des déplacements de significations, des échanges, un rayonnement. Au cœur du poème, se trouve, ce que Ghérasim Luca désigne comme l’expérience spectrale d’Amphitrite, à laquelle sont associés trois objets-mouvements qui composent le poème. Ils seront interceptés et télescopés par divers sons, actions et récits.

Le foisonnement des textes, leur singularité et leur traitement sonore, prolongent les résonances, les connexions et multiplient les niveaux de perception. Cette chambre d’écho se construit dans le jeu, à partir des extraits du poème Asphodèle de William Carlos William, des Métamorphoses d’Ovide, mais aussi d’articles de quotidiens, de chants marins, de textes philosophiques et scientifiques, de cours d’anatomie et de poèmes. Un hommage aussi à Roni Horn .

Photos ci-dessus: Nicolas Lemaître

Distribution à la création en 2005:

Véronique Alain, Agnès Belkadi, Fabienne Gotusso, Virginie Thomas

Distribution lors de la dernière reprise de la création:

Agnès Belkadi, Fanny Bueb, Diane Ducamp, Fabienne Gotusso

Conduite son et vidéo: Elsa Fromagea Lumières : Frédéric Mauvignier Conception sonore : Oscar Mandel